Comment communiquer dans un monde post-apocalyptique ? (et c’est pas si bête de se poser la question)

0ui, chaque année est plus chaude que la précédente. Oui, la situation géopolitique est préoccupante. Oui, la disparition progressive de la pizza hawaïenne dans les restaurants est affolante (si). Alors, anticipons, parce que même (et surtout) dans un monde post-apocalytique, il faudra communiquer !

Imaginez : une panne électrique mondiale, plus d’accès au carburant, une invasion de zombies influenceurs, le réseau internet qui tombe, tout ça pour diverses raisons que notre conscience taira pour épargner votre écoanxiété… Bref : le monde tel qu’on le connaît s’arrête. Plus de notification sur votre smarphone qui, de toute façon, n’a plus de batterie. Plus de réunion Teams gênante où personne ne sait qui doit lancer la conversation. Plus de scroll sur les réseaux sociaux. Mais alors, comment pouvons-nous encore communiquer dans ce monde d’après ?

Il va falloir s’adapter (un peu)

Imaginons que votre audience reste intéressée par vos produits ou services, et qu’un système de troc a été mis en place comme autrefois. Hélas, vos canaux de diffusion habituels ont disparu, surtout si votre plan de communication reposait à 100 % sur le numérique : vous avez un problème. En même temps, l’humanité entière a un problème, mais passons sur ce détail (on a dit « imaginons » !). Ce qu’il faut retenir, pour pouvoir vendre vos filtres à eau ou vos couvertures de survie, c’est que la communication existait bien avant la première prise électrique. Alors, ne nous laissons pas impressionner par une petite fin de monde de rien du tout.

Retour aux technologies qui ont fait leur preuve

L’histoire de l’humanité, bien qu’il soit difficile d’y croire, remonte longtemps avant l’invention de la télévision. Homo Sapiens a déjà 300 000 ans, et c’est sans compter nos ancêtres. Or, si l’électricité existe depuis environ 200 ans, cela signifie qu’on a passé plus de 99,9 % de notre histoire à communiquer sans elle. Est-ce qu’on est moins intelligents que nos homologues de la préhistoire ? Peut-être, mais tout de même : on va s’en sortir.

Le pigeon voyageur, version écologique de l’email

Le recours aux pigeons voyageurs remonte à l’Antiquité. Mais c’est surtout dans les années 1870 qu’ils deviennent un moyen de communication pour l’armée française : un service de colombophilie aux armées est alors créé. Ce volatile a été également utilisé par les armées pendant les Première et Deuxième Guerres mondiales pour transmettre des messages sous le feu ennemi. Or, saviez-vous que 200 pigeons voyageurs vivent toujours au sein de la forteresse du Mont-Valérien, à Suresnes (92) ? Il s’agit du dernier pigeonnier militaire d’Europe. S’ils n’ont pas de rôle opérationnel actuellement, ils sont conservés pour les concours et par tradition. C’est tout de même bon à savoir, pour passer au-dessus des hordes de zombie.

La radio, indispensable en cas de black-out

Vous avez trouvé un moyen d’émettre votre message par radio, peut-être après avoir piraté Radio France (non, ne le faites pas). En effet, cette dernière a de nouveau signé une convention avec le ministère de l’Intérieur pour pouvoir continuer de diffuser des informations vitales en cas de crise, notamment un black-out. Le public peut écouter ses messages s’il dispose notamment d’une radio à manivelle ou à dynamo. Certains ont l’avantage de ne pas consommer d’énergie. On est loin d’internet où chaque relais, chaque antenne, chaque routeur a besoin d’être alimenté pour faire transiter l’information !

Le morse, c’est pas pour les phoques

Depuis les années 1830, le morse permet de communiquer sur de longues distances. Pour rappel, chaque lettre de l’alphabet est traduite en signaux courts (points) et longs (tirets). Si vous n’avez pas de télégraphe sous la main, vous pouvez quand même vanter les mérites de vos semences de blé grâce à la lumière ou au son. Facile !

Les indémodables signaux de fumée

C’est l’un des plus vieux moyens de communication de l’humanité, et ce, dans le monde entier ! En France, au Moyen Âge, ils étaient utilisés pour alerter les villages en cas d’envahisseurs en approche. Bon, pas top en cas de vent, de grosse pluie ou de brouillard… Mais avec un peu d’imagination, peut-être pourriez-vous transmettre un message à vos cibles avec quelques codes en fumée ?

Des messages en direct des murs

Si vous arrivez à dégoter (ou fabriquer) de la peinture, et qu’il reste quelques murs debout, banco ! C’est un support formidable pour afficher votre message ! Attention quand même au zombie qui est (toujours) caché derrière. Cette méthode est particulièrement efficace en ville mais, bien sûr, la concurrence sera plus rude. Vous pouvez également investir les trottoirs en bon état.
Alternative : graver vos messages sur les arbres (s’il en reste) ou sur la roche. Parfait pour un message qui résiste au temps !

Le papier, si vous en trouvez

Et si vous n’en trouvez pas, créez-le ! Après tout, les égyptiens savaient déjà en fabriquer bien avant l’arrivée des scieries et des usines. Espérons tout de même qu’il existe encore quelques livres pour vous expliquer la marche à suivre, car on ne pourra plus compter sur Wikipedia ou sur les tutos en ligne… Alors évidemment, vous ne pourrez pas produire ni distribuer des milliers de flyers-papyrus avec vos quelques paires de main et vos pigeons voyageurs, mais l’essentiel n’est-il pas de bien cibler son public ?

Les crieurs publics, la réclame à l’ancienne

Voici une technique qui n’a plus à faire ses preuves. Une place centrale, un tabouret, une personne ayant du coffre et le tour est joué ! L’utilisation d’un porte-voix est recommandée en cas d’affluence.
Vous pouvez aussi missionner un ou une messager·e pour crier ou distribuer votre message de ville en village, de village en village, de bourg en bourg. Même plus besoin de podomètre, les 10 000 pas seront largement atteints.

L’affichage zombie

Le mort-vivant risque de devenir une ressource inépuisable en cas d’apocalypse zombie. Et comme ils ont tendance à se diriger vers les zones les plus peuplées, ces gourmands, pourquoi ne pas agrafer vos flyers sur leur dos ? L’opération est certes risquée, mais elle peut s’avérer payante. Au pire, une morsure et hop, vous atteindrez l’immortalité !

Finalement, l’important, ce n’est pas la technologie…

Bien sûr, ça aide à transmettre votre message. Mais, une fois privés de toutes les technologies modernes, rappelons-nous qu’un message fonctionne avant tout pour les raisons suivantes :

  • sa clarté : si votre message est mal conçu, il sera mal compris. Et ce, qu’il soit livré par email, vidéo ou en morse.
  • la confiance : votre crédibilité renforce l’impact de votre message. Surtout s’il est collé sur le dos d’un zombie.
  • sa concision : votre argumentaire de 1000 mots en signaux de fumée, c’est lourd. Il faut aller à l’essentiel !
    Au final, dans un monde post-apocalytique, il s’agit simplement de revenir aux fondamentaux.

Sources